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Hardingfele (Violon Norvègien)

La tête du hardingfele

Le Hardingfele1 (violon du Hardanger2), est l’instrument populaire de la Norvège.

C’est un violon incrusté de nacre, décoré à l’encre et qui possède quatre à cinq cordes de résonance appelées cordes sympathiques.

La longueur de corde vibrante est d’environ 2 centimètres et demi plus petite que sur un violon classique, les cordes sont plus fines et il existe cinq tirants de corde différents pour une vingtaine de scordatura.

L’accord le plus répandu (qui représente environ 80 % du répertoire norvégien) est : la2 – ré3 – la3 – mi4 pour les cordes mélodiques, et (si2) – ré3 – mi3 – fa#3 – la3 pour les cordes sympathiques.
Le cheviller de l’instrument se termine généralement par une tête de dragon couronné.

Corps du Hardingfele
Le coffre de l’instrument a la même dimension que celui du violon mais ceci seulement depuis environ 1860, à l’origine l’Hardingfele était plus petit avec une forme plus anguleuse et ne possédait que deux ou trois cordes de résonance.

Les Hardingfeles sont taillées de telle manière que vue de face, le corps d’f n’est presque pas visible, vu de côté, l’ouverture de l’f peut atteindre 10 mm. Les pattes d’ff se trouvent sur deux niveaux différents, la patte d’f inférieur rentre dans la table.

La première mention lexicographique remonte à 1646.
Le plus ancien Hardingfele porte la signature « Ole Jonsen Jaastad 1651 ». La date et la signature furent longtemps contestées mais des recherches récentes (carbone 14, dendrochronologie : analyse des cernes du bois) cohérent bien avec l’instrument.

« On considère le répertoire musical associé à l’instrument comme étant le plus « authentique » du patrimoine musical norvégien dont il est également l’expression la plus vitale ». Pour l’éthnomusicologue, cette musique, pour la plupart constituée d’air de danse, exerce une fascination certaine tout en présentant un défi, face à tant de remarquables mécanismes de l’ordre tonal, harmonique, formel, et de phrases subtils. L’Hardingfele produit un son particulièrement dense et vif, tirant avantage d’une bonne douzaine de scordatura. Sa technique de jeu se caractérise par un certain nombre de formules métriques et rythmiques rarement entendues ailleurs. »3

Chaque année, il existe en Norvège, un concours : le landskappleik dont la première place est une reconnaissance internationale.


1 En norvégien, Hardingfele, peut-être de genre féminin ou masculin.
2 Le Hardanger est une région du Sud-ouest de la Norvège où la pratique et l’évolution de l’instrument s’est répandue pour devenir de nos jours l’instrument national.
3 Reidar Sevåg, « Amour et Sympathie » Actes des rencontres internationales autour des instruments à cordes sympathiques, Limoges 28, 29 novembre 1992.

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